Secours catholique – 70 ans d’action

Le Secours Catholique-Caritas France est fondé le 8 septembre 1946. Le père Jean Rhodain, ancien aumônier des prisonniers de guerre, en est l’inspirateur et le premier Secrétaire général. Il animera l’action de l’association jusqu’à sa mort en 1977.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Secours Catholique éveille l’opinion aux nombreuses formes de pauvreté en lançant de grandes campagnes (campagne des malades, des vieillards, des berceaux, du logis…) qui cherchent à provoquer dans la société une « contagion de la charité » selon les propres mots de son fondateur. L’association ouvre ses premières « cités » qui accueillent les personnes en situation de précarité (sans-abris, proches de malades hospitalisés, handicapés, migrants…).

 

Très vite, le Secours Catholique étend son action au-delà des frontières nationales en apportant une aide d’urgence aux populations sur les théâtres de guerre ou à la suite de catastrophes naturelles. En 1951, il participe à la création de la confédération Caritas Internationalis qui réunit aujourd’hui 165 organisations sur tous les continents.

À partir des années 1970, sur fond de montée du chômage et de nouvelles précarités, le Secours Catholique presse les pouvoirs publics de mettre en route une politique de justice sociale et de lutte contre les causes de la pauvreté. À l’international, toujours en soutien aux Caritas, il continue de répondre aux multiples urgences, appuie des programmes de développement agricole, social, éducatif… et s’attaque, là aussi, aux racines de la pauvreté.

 

Pour son 50e anniversaire, en 1996, le Secours Catholique confirme un virage décisif en promouvant la mobilisation de toute la société pour « construire une société juste et fraternelle », en association avec les personnes en précarité. Cette démarche invitant à agir avec elles, à promouvoir leur place et leur parole, est aujourd’hui le socle fondateur de l’action du Secours Catholique

 

À l’origine du secours catholique-CARITAS FRANCE, Jean Rodhain
(29 janvier 1900 – 1er février 1977)

 

Né dans les Vosges, Jean Rodhain est ordonné prêtre en 1924. Pendant la Seconde guerre mondiale, nommé aumônier général des prisonniers de guerre, il créé ou facilite des liens entre les familles et des milliers de détenus. Face à la grande détresse des populations après guerre, il impulse la création du Secours Catholique, le 6 septembre 1946. Jean Rhodain en devient le Secrétaire général.

Son action à la tête du Secours Catholique est marquée par son charisme et son audace. Ainsi, en France, il appelle les autorités – et l’opinion publique – à se mobiliser face aux détresses sociales ; à l’international, il dénonce la ruine qui menace des milliers de petits planteurs d’Afrique équatoriale victimes des variations du prix mondial du cacao et du café. Il lance à ses détracteurs :

 

Vous me reprochez de faire de la politique ? Exact, je fais de la politique !

 

Au cours du terrible hiver 1954, il ouvre la première « Cité Secours », à Paris, pour accueillir des sans-abri. Face à la famine en Inde, à la guerre des Six Jours, à la guerre du Biafra, Jean Rodhain organise l’aide internationale du Secours Catholique. Il innove en lançant en Afrique les « microréalisations », des projets de développement locaux conçus et mis en place par les villageois eux-mêmes avec l’appui des Caritas : construction de puits, de petits barrages, éducation des femmes…

 

Pédagogue et communicateur dans l’âme, il crée la formule qui fera mouche, joue des symboles, travaille l’écriture, utilise des images, surprend, monte des campagnes d’opinion (les malades en 1947, les enfants démunis en 1948, les vieillards en 1949).

Mais c’est d’abord sur le front de la charité, au sens pleine du terme, que ce pionnier se fait connaître. Persuadé que, face à la pauvreté, il existe un potentiel d’amour, de partage, de talent et d’action chez ses compatriotes, il invite les citoyens à puiser dans la « fermentation continuelle de la vie évangélique » pour répondre à des besoins humains ignorés. Il presse chacun de prendre des risques, d’innover et de trouver des solutions. Il meurt en 1977 à Lourdes.